Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Décembre en noir (4)

Embarquement immédiat pour le Gabon, l'Equateur et la Turquie. Trois nuances de noir.

 

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Janis Otsiemi, Le chasseur de lucioles, Gabon

 

Le polar est en expansion partout et l'Afrique ne fait pas exception à la règle. Cependant, les auteurs les plus reconnus, y compris en France, écrivent en anglais. Le succès confirmé du gabonais Janis Otsiemi pourrait contribuer à équilibrer la donne pour les amateurs de francophonie. La langue, c'est là le point fort de Le chasseur de lucioles : un style impeccable et des expressions purement africaines (gabonaises ?) et follement inventives. Du point de vue de l'intrigue proprement dite, en revanche, rien de bouleversant dans le livre : deux enquêtes en parallèle et des résolutions relativement rapides dues davantage aux indics qu´à l'intelligence des policiers ou à des méthodes scientifiques. Reste évidemment la corruption, endémique, qui fournit un dénouement original et fortement ironique au roman.

 

 

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Alfredo Noriega, Mourir, la belle affaire, Equateur

 

Difficile de parler de polar pour Mourir, la belle affaire. Evoquons plutôt une oeuvre chorale dans laquelle un médecin légiste tient le premier rôle, partageant la scène avec les nombreux défunts qui défilent chaque jour à la morgue. De mort, il en est question à chacune des pages du livre : accidents, meurtres, suicides, glissements de terrain, la camarde prend tout. Le ton ironique de l'auteur équatorien autour de nos vies dérisoires, que nous menons comme si nous détenions le secret de l'immortalité, est particulièrement cinglant. La construction du livre est très brillante assez éloignée des stéréotypes des thrillers. Quito, ville monstrueuse et violente, en est la vedette incontestable. Fascinante et morbide cité, au bord du chaos.

 

 

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On a tué Bisou !, Murat Mehmet Somer, Turquie

 

On a tué Bisou ! propose une plongée dans le milieu des travestis d'Istanbul. Bien que deux meurtres aient été commis, le livre n'a rien d'anxiogène, il est même plutôt ludique et assez amusant en fin de compte. L'auteur joue avec l'identité sexuelle de son héros/héroïne dont le mode de vie, glamour entre Audrey Hepburn et Alain Delon (les références pullulen) et la haine des hétérosexuels constituent un fil rouge bien plus consistant qu'une trame policière assez classique. Principale figure de la littérature gay, Murat Mehmet Somer ne manque pas de panache et de talent.

 

 



30/12/2016
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